2012 : Finie l’inspection… Les enseignants se font entretenir !

Fin de la note péda­go­gique !

Un décret, adop­té en juillet 2010, pré­voit la dis­pa­ri­tion de la nota­tion admi­nis­tra­tive pour tous les fonc­tion­naires et son rem­pla­ce­ment par un entre­tien indi­vi­duel annuel avec le supé­rieur hié­rar­chique direct. Une réforme qui, dès jan­vier 2012, tou­che­ra notam­ment l’Éducation natio­nale. Pour l’heure, on ne sait pas com­ment évo­lue­ra la nota­tion péda­go­gique des ensei­gnants mais on peut légi­ti­me­ment se deman­der si elle ne sera pas ame­née à suivre le même modèle.

Après le sou­la­ge­ment de voir dis­pa­raître ce sys­tème infan­ti­li­sant de nota­tion, on peut néan­moins craindre le pire pour la nou­velle mou­ture. Et, même si rien n’est encore offi­ciel, voi­là ce qui pour­rait se pro­fi­ler pour consti­tuer la der­nière pierre de l’oeuvre (anti-)pédagogique du pre­mier man­dat sar­ko­zyste : trou­ver com­ment mettre au pas les profs !

Voilà ce qui se pro­file…

Dans le pri­maire, il sera com­pli­qué, sinon impos­sible, pour les Inspecteurs de l’Éducation natio­nale de ren­con­trer, chaque année, tous les ensei­gnants de leur cir­cons­crip­tion. Les direc­teurs d’école devraient donc logi­que­ment voir leurs pré­ro­ga­tives éten­dues afin de leur per­mettre, désor­mais, de réa­li­ser ces entre­tiens avec leurs col­lègues. Ainsi le direc­teur d’école devien­drait res­pon­sable de l’évaluation péda­go­gique de l’ensemble de ses col­lègues et il pour­rait leur fixer des objec­tifs annuels à réa­li­ser. Autant dire que cette réforme donne, tout bon­ne­ment, un véri­table pou­voir hié­rar­chique à des direc­teurs qui, jusqu’alors, n’étaient que de simples col­lègues.

Mais ce n’est pas tout ! Les éva­lua­tions d’écoles, jusqu’alors pra­ti­quées de manière « expé­ri­men­tale », devraient se géné­ra­li­ser tous les trois ou quatre ans. Autrement dit, l’Inspecteur de l’Éducation natio­nale de cir­cons­crip­tion, éven­tuel­le­ment accom­pa­gné d’un autre IEN, pour­rait venir ins­pec­ter l’école sur plu­sieurs jours. Il ne s’agirait pas néces­sai­re­ment de séances péda­go­giques devant élèves (le contrôle péda­go­gique étant lais­sé à la charge des direc­teurs) mais, plu­tôt, d’une éva­lua­tions des obli­ga­tions admi­nis­tra­tives ou du fonc­tion­ne­ment entre col­lègues. Le tout serait cou­ron­né par un audit auprès des parents sur leurs rela­tions avec l’école et avec l’équipe édu­ca­tive.

Le direc­teur d’école devien­drait res­pon­sable de l’évaluation péda­go­gique

On voit bien là, pour les élèves, le pas­sage du sta­tut d’usagers à celui de clients, pré­am­bule néces­saire à toute pri­va­ti­sa­tion. Or c’est, exac­te­ment, la même for­mule qui a été mise en oeuvre à France Telecom, à la Poste, à EDF-GDF, à Pôle Emploi et dans toutes les admi­nis­tra­tions qui se sont faites pri­va­ti­ser, ces der­nières années, avec les dégra­da­tions des condi­tions de tra­vail que l’on connaît et qui ont engen­dré : sur­me­nage, dépres­sion voire sui­cide…

Luttons pour une école éman­ci­pa­trice !

La CNT-Éducation a tou­jours dénon­cé le carac­tère infan­ti­li­sant des ins­pec­tions et elle conti­nue d’appeler à les refu­ser aux côtés du Collectif Anti-Hiérarchie dont elle est par­tie pre­nante. La CNT-Éducation porte un pro­jet d’éducation éman­ci­pa­trice et auto­gé­rée qui doit être mené par l’ensemble des acteur-rice‑s de la com­mu­nau­té.

Cela pas­se­ra, entre autre, par le par­tage des com­pé­tences liées au fonc­tion­ne­ment et à la ges­tion du lieu de tra­vail. C’est donc tout natu­rel­le­ment qu’elle appelle l’ensemble des col­lègues (direc­teurs ou non !) à refu­ser la mise en place d’un nou­veau sta­tut de direc­teur qui en ferait, inévi­ta­ble­ment, un supé­rieur hié­rar­chique.

S’il est bien vrai que « le pou­voir est mau­dit » (Louise Michel), la créa­tion de ce nou­veau sta­tut de che­faillon revien­drait à tra­cer, pour nous, une croix sur notre liber­té péda­go­gique et sur les condi­tions – néces­saires mais non suf­fi­santes – d’une édu­ca­tion éman­ci­pa­trice à laquelle ont droit tous nos élèves.

Tract Fédéral