Communiqué intersyndical sur le mouvement lycéen

Mobilisations lycéennes : les violences doivent cesser, le gouvernement doit répondre par la démocratie aux revendications

Depuis plu­sieurs jours, des lycéennes et des lycéens de toute la France, et plus par­ti­cu­liè­re­ment dans l’académie de Rennes se mobi­lisent pour dénon­cer les condi­tions dans les­quelles elles et ils étu­dient. Manque de per­son­nels, bâti vétuste, nombre trop impor­tant d’élèves par classe, emploi du temps inte­nable, vio­lence sociale de Parcoursup… leurs reven­di­ca­tions sont légi­times ! La jeu­nesse des lycées pro­fes­sion­nels et/​ou des quar­tiers popu­laires est en pre­mière ligne pour exi­ger de meilleures condi­tions d’étude, elle qui est tout par­ti­cu­liè­re­ment tou­chée par les poli­tiques de casse sociale de Macron.

Nos orga­ni­sa­tions CFDT, CGT, CNT, FO, Snes-FSU, Snep-FSU et Sud sou­tiennent ces demandes, d’autant plus qu’elles confirment l’état catas­tro­phique de l’Éducation natio­nale à ce jour, comme nous l’avons sou­vent dénon­cé.

Nos orga­ni­sa­tions dénoncent fer­me­ment les inter­ven­tions vio­lentes, sans dis­cer­ne­ment, de la police devant plu­sieurs éta­blis­se­ments, qui ont par­fois conduit des élèves en garde à vue. Des élèves sont aus­si blessé·es. Cette vio­lence contre la jeu­nesse est inac­cep­table, elle doit ces­ser ! Les élèves ont le droit de s’exprimer et de se mobi­li­ser. On attend de l’Éducation natio­nale qu’elle forme des citoyennes et des citoyens dans les salles de classe, mais on les empêche ensuite d’exercer leur conscience citoyenne à l’extérieur des lycées ? Ainsi va l’École macro­niste : des injonc­tions à l’engagement et une vio­lence contre les mou­ve­ments de contes­ta­tion des choix poli­tiques et bud­gé­taires. Insupportable !

Les orga­ni­sa­tions syn­di­cales condamnent, plus lar­ge­ment, les vio­lences contre les per­son­nels et les élèves. Nous appor­tons aus­si notre sou­tien aux per­son­nels qui ont été bles­sés ces der­niers jours. Il y a urgence à per­mettre l’expression lycéenne sans entrave et dans un cadre démo­cra­tique, libre et serein.

La mobi­li­sa­tion des jeunes appelle des réponses à la hau­teur de leurs attentes. Elles ne peuvent être une répres­sion aveugle, ni une ins­tru­men­ta­li­sa­tion poli­tique de la part du gou­ver­ne­ment qui ten­te­rait d’échapper à sa res­pon­sa­bi­li­té sur la situa­tion cala­mi­teuse dans laquelle il place le ser­vice public d’éducation et les élèves depuis des années.

Aujourd’hui, l’urgence est de faire vivre la démo­cra­tie lycéenne : écou­ter les élèves, per­mettre l’exercice de leur droit d’expression, de leur droit de s’organiser, de leur droit à mani­fes­ter. Il est néces­saire d’ouvrir des espaces de dis­cus­sions et non de répri­mer par la force ce mou­ve­ment ou l’instrumentaliser à des fins poli­ti­ciennes.

Dans quelques jours, le Premier Ministre va pré­sen­ter son pro­jet de bud­get 2027. Il porte la res­pon­sa­bi­li­té d’une crise pro­fonde dans l’Éducation natio­nale, dans ce contexte par­ti­cu­liè­re­ment lourd et grave.

Nos orga­ni­sa­tions syn­di­cales appellent solen­nel­le­ment le gou­ver­ne­ment à répondre aux reven­di­ca­tions des lycéen·nes et des per­son­nels. Cela néces­site d’investir mas­si­ve­ment dans l’École publique.

Nous appe­lons les per­son­nels à se tenir aux côtés de la jeu­nesse mobi­li­sée.

Nous les appelons à se mettre en grève et à participer au rassemblement le mardi 6 octobre à 11h00 Place de la République à Rennes.

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