Mobilisons-nous en soutien avec la jeunesse et pour les services publics

Mobilisons-nous largement le 6 octobre en soutien avec la jeunesse et pour les services publics

Depuis deux semaines , par­tout en France, des dizaines de mil­liers de lycéennes et les lycéens se mobi­lisent pour faire entendre leur colère et leurs reven­di­ca­tions. Le mou­ve­ment prend de l’ampleur. À Rennes comme dans plu­sieurs villes de Bretagne, de nom­breux éta­blis­se­ments ont été blo­qués et des ras­sem­ble­ments se sont orga­ni­sés. 

Elles et ils se mobi­lisent en rai­son du manque d’enseignant·es et de per­son­nels, des classes sur­char­gées, des condi­tions d’études dégra­dées, d’établissements vétustes, de l’injustice du sys­tème par­cour­sup, … Réalité que les per­son­nels de l’éducation dénoncent aus­si depuis long­temps. 

La colère dépasse aus­si la ques­tion de l’enseignement et exprime une indi­gna­tion et inquié­tude face aux inéga­li­tés sociales qui ne cessent de se creu­ser et que le pro­jet de bud­get ne fera qu’aggraver.

Cette colère rejoint celle expri­mée par les salarié·es et les agent·es publics lors de la mobi­li­sa­tion du 29 sep­tembre pour des ser­vices publics acces­sibles et de qua­li­té, des per­son­nels en nombre suf­fi­sant, des condi­tions de tra­vail et d’étude dignes.

Aux reven­di­ca­tions légi­times, le gou­ver­ne­ment répond par la vio­lence, les inter­pel­la­tions, les gardes à vue, les gaz lacry­mo­gènes et les LBD. Près de 3 000 lycéen·nes et étudiant·es ont été inter­pel­lés depuis le début de la mobi­li­sa­tion et 170 d’entre elles et eux ont été bles­sés ain­si que des per­son­nels, par­fois gra­ve­ment. Rien que jeu­di 1er octobre, 1949 jeunes ont été interpellé.es, c’est plus que lors de « l’acte IV » du mou­ve­ment des Gilets jaunes en 2018. Le gou­ver­ne­ment assume l’escalade répres­sive et cherche à muse­ler la contes­ta­tion, allant jusqu’à deman­der aux par­quets de faire preuve de fer­me­té à l’égard des parent·es des lycéen·nes mobilisé·es. Nous par­lons ici de jeunes, d’adolescent·es, d’enfants, confronté·es à des adultes for­més, équi­pés et armés pour inter­ve­nir dans des situa­tions de main­tien de l’ordre. 

Certains se concentrent sur les ques­tions de dégra­da­tions, plu­tôt que de mettre en avant et d’expliquer les rai­sons de la colère et les demandes pour­tant clai­re­ment expri­mées dans de nom­breux lycées et par les orga­ni­sa­tions lycéennes. 

En Ille-et-Vilaine, nous consta­tons éga­le­ment avec inquié­tude une forme de deux poids, deux mesures dans la manière dont cette mobi­li­sa­tion est répri­mée. La répres­sion s’est par­ti­cu­liè­re­ment concen­trée et déchaî­née sur des éta­blis­se­ments en par­ti­cu­lier, notam­ment le lycée pro­fes­sion­nel de Tinténiac, le lycée pro­fes­sion­nel Coëtlogon et le lycée Bréquigny, qui accueillent une impor­tante pro­por­tion de jeunes issus des classes popu­laires. Pourquoi une telle concen­tra­tion de la répres­sion sur des lycées popu­laires et pro­fes­sion­nels

Nous refu­sons que l’origine sociale des élèves déter­mine éga­le­ment la manière dont leur parole est enten­due et leur mobi­li­sa­tion répri­mée. Le gou­ver­ne­ment orga­nise la fer­me­ture des lycées pour taire les reven­di­ca­tions et mieux répri­mer les lycéen.e.s en inter­di­sant l’accès des éta­blis­se­ments . cette esca­lade montre la fébri­li­té, voire la peur de l’Etat dans la dif­fi­cul­té de stop­per le mou­ve­ment .

Nos organisations (l’Union Locale CNT 35, UD FO 35 et Solidaires35) soutiennent la mobilisation en cours ainsi que les revendications justes et légitimes des lycéen.nes tout en respectant l’autonomie de leurs luttes. Nous dénonçons la répression de l’Etat et appelons tou.tes les travailleur.euses à soutenir le mouvement, y compris par la grève et à participer au rassemblement qui aura lieu à Rennes

à 11h Esplanade Charles de Gaulle le 6 octobre