Retraites : Halte au hold up ! C’est nous qui travaillons, c’est nous qui décidons !

Retraites : Halte au hold up !
C’est nous qui travaillons, c’est nous qui décidons !

TOUJOURS LES MÊMES ARGUMENTS ! TOUJOURS LES MÊMES MENSONGES !

Les argu­ments avan­cés pour réfor­mer le sys­tème des retraites sont les mêmes depuis 1993 : vieillis­se­ment de la popu­la­tion et défi­cit des caisses de retraites. Mais si nous pou­vons espé­rer vivre plus long­temps, l’espérance de vie en bonne san­té est d’à peine 65 ans (chiffres d’Eurostat). Cet argu­ment tra­duit donc le cynisme des gou­ver­ne­ments.
Concernant les caisses de retraite, en l’absence d’augmentation des coti­sa­tions employeur, on nous annonce pour 2025 entre 8 et 17 mil­liards d’euros de défi­cit. Une approxi­ma­tion de 9 mil­liards prouve déjà le manque de sérieux d’un tel argu­ment. Mais sur­tout, ces défi­cits aux mon­tants hal­lu­ci­nants ont été construits par les poli­tiques bud­gé­taires. Un exemple : le Crédit d’Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi (CICE), entre 2013 et 2018, c’est 100 mil­liards d’euros empo­chés par les patrons, avec un impact sur le chô­mage proche de zéro ! Ces « baisses de charges des entre­prises » qui sont en fait des réduc­tions du salaire socia­li­sé. C’est ça de moins pour nos retraites !
Toutes les réformes des retraites depuis 1993 n’ont fait por­ter l’effort que sur les tra­vailleurs et les tra­vailleuses. En réa­li­té nous tra­vaillons jusqu’à nous abî­mer. Notre argent est volé pour faire des cadeaux au patro­nat. L’objectif est clair : nous faire tra­vailler jusqu’au bout et nous jeter des miettes. C’est NON ! Que les choses soient claires : « après une vie pas­sée à tri­mer, on veut notre pognon pour nous écla­ter ! »

DELEVOYE – PHILIPPE – MACRON :
LES FOSSOYEURS DE NOS RETRAITES !

Quelques élé­ments géné­raux sont à rete­nir pour com­prendre la vio­lence de cette réforme :

  • Points et répar­ti­tion

Jusqu’à main­te­nant, on cotise des annui­tés (divi­sées en tri­mestre) qui ouvrent des droits à la retraite. Depuis 1993, on est pas­sé de 37,5 années de coti­sa­tions à 42. Quand on n’atteint pas le nombre de tri­mestres, une décote ampute le niveau de notre pen­sion. Dans ce sys­tème, les inéga­li­tés sala­riales se trans­forment en inéga­li­té des pen­sions. Mais l’idée reste que celles et ceux qui tra­vaillent payent pour les retraité∙e∙s d’aujourd’hui. Avec le pro­jet Delevoye, même si la répar­ti­tion est main­te­nue, le cal­cul de la pen­sion se fera selon le nombre de points que chacun∙e cumu­le­ra en fonc­tion de son salaire. Dans le rap­port, il est pré­vu que 100 € valent 10 points. Les méca­nismes actuels de soli­da­ri­té (tri­mestres pour les mères de famille, pen­sions de réver­sion…) sont mis en cause et leurs béné­fi­ciaires sont désigné∙e∙s comme des privilégié∙e∙s. C’est un aban­don de la soli­da­ri­té entre
géné­ra­tions au pro­fit d’une logique d’épargne indi­vi­duelle sou­mise aux caprices de la finance.

  • Points, salaires de réfé­rence et niveau des pen­sions

Aujourd’hui le cal­cul de la pen­sion se fait par rap­port au salaire de réfé­rence (le taux plein cor­res­pon­dant à 75{eccd8cfd18c7388c1e0028ba20803a52c383a09b12bf512b4347cbac2b655287} de celui-ci).
Depuis 1993, les réformes suc­ces­sives ont dimi­nué la valeur des pen­sions en aug­men­tant le nombre d’années prises en compte dans le cal­cul du salaire de réfé­rence.

Dans le pri­vé, on est pas­sés de la moyenne des 10 meilleures années à celle des 25 meilleures. On est res­tés sur les 6 der­niers mois dans le public. Avec le point, c’est l’ensemble de la car­rière qui sera prise comme réfé­rence. Le mon­tant des pen­sions va donc être bru­ta­le­ment dimi­nué. Les pre­mières esti­ma­tions donnent des réduc­tions de 10 à 15 {eccd8cfd18c7388c1e0028ba20803a52c383a09b12bf512b4347cbac2b655287} dans le pri­vé et jusqu’à 40 {eccd8cfd18c7388c1e0028ba20803a52c383a09b12bf512b4347cbac2b655287}
pour les fonc­tion­naires. Évidemment, toute période de chô­mage, de longue mala­die ou de congé paren­tal aura un impact sur le mon­tant de la pen­sion. Mais le pire, c’est que la valeur du point n’est même pas garan­tie. À tout moment, le gou­ver­ne­ment pour­ra déci­der de la dimi­nuer, bais­sant donc nos pen­sions. Il est d’ailleurs pré­vu que les dépenses de retraite soient pla­fon­nées à 13,8 {eccd8cfd18c7388c1e0028ba20803a52c383a09b12bf512b4347cbac2b655287} du PIB alors que le nombre de retraité∙e∙s va aug­men­ter.

  • Âge de départ et durée de coti­sa­tion

Il y a moins de 30 ans, on pou­vait par­tir à la retraite à 60 ans, voire 55 ans dans cer­tains cas. Et si on n’avait pas pu coti­ser le nombre de tri­mestres néces­saire, on avait droit au plus tard à 65 ans à une retraite à taux plein. Aujourd’hui, il faut attendre 62 ans et on subit une décote de 5 {eccd8cfd18c7388c1e0028ba20803a52c383a09b12bf512b4347cbac2b655287} par annui­té man­quante. Comme nous sommes pas­sés de 37,5 années de coti­sa­tions à 42, la
consé­quence est immé­diate : il faut tra­vailler plus long­temps pour gagner moins. Avec la réforme à venir, il fau­drait attendre 64 ans pour espé­rer par­tir à la retraite sans décote, sans comp­ter un pro­bable recul de cet « âge pivot », donc une obli­ga­tion à tra­vailler plus long­temps. Cette mesure est d’ailleurs envi­sa­gée à court terme par le gou­ver­ne­ment, en dehors de la réforme Delevoye.

DANS L’IMMÉDIAT, LA CNT REVENDIQUE LE RETRAIT DE LA
RÉFORME DELEVOYE.
Et pour la suite, nous exigeons :
• une retraite à taux plein pour toutes et tous à 55 ans
• l’égalité des pensions
• la réappropriation et l’autogestion des caisses de sécurité
sociale par les salarié·es.

Réformer les retraites ? Oui, pour abattre le capi­ta­lisme !

Macron, comme ses pré­dé­ces­seurs, attaque fron­ta­le­ment les tra­vailleuses et tra­vailleurs. Notre uni­té et notre déter­mi­na­tion dans la grève peuvent faire recu­ler les inté­rêts du capi­ta­lisme. L’objectif de cette réforme est évident : aug­men­ter la part du capi­tal dans la répar­ti­tion de la richesse, nous mettre à genoux en nous obli­geant à tra­vailler plus et plus long­temps, tout en rédui­sant à peau de cha­grin le mon­tant de nos pen­sions. En paral­lèle, s’annonce déjà la créa­tion de nou­veaux pro­duits ban­caires pour inci­ter à se payer une retraite com­plé­men­taire. Mais avec quel argent !? La bour­geoi­sie pour­ra peut-être
s’en­grais­ser avec ses banques mais pas la grande majo­ri­té des salarié∙e∙s !

QUESTIONNER LES RETRAITES, C’EST RÉFLÉCHIR AU TRAVAIL DANS SON ENSEMBLE

Aujourd’hui, dans la vision que le monde capi­ta­liste nous impose, la retraite est l’aboutissement d’une car­rière, le moment où nous espé­rons pou­voir enfin pro­fi­ter de la vie en se libé­rant du sala­riat. Mais ce n’est pas notre concep­tion : hors de ques­tion d’attendre la fin pour en pro­fi­ter. Il faut d’abord redé­fi­nir la place du tra­vail dans nos vies. Dans notre pro­jet de socié­té, chacun∙e doit avoir son mot à dire dans les déci­sions col­lec­tives qui concernent tous les aspects de la vie, le tra­vail, la poli­tique… Ce qui sup­pose du temps pour rendre pos­sible l’autogestion, mais aus­si pour les acti­vi­tés per­son­nelles, sociales, affec­tives, l’éducation des enfants… Le tra­vail doit répondre à des besoins col­lec­tifs et être rému­né­ré de façon éga­li­taire. Le capi­tal exploite nos vies en nous enfer­mant dans une spi­rale de production/​consommation, sans autre but que l’augmentation des reve­nus des
capi­ta­listes. Il leur est into­lé­rable que nous ne soyons pas pro­fi­tables finan­ciè­re­ment, que nous ne pro­dui­sions pas de la richesse expri­mable en euros. Il faut com­battre réso­lu­ment le capi­ta­lisme : la ques­tion du bien-être col­lec­tif n’est pas son objec­tif. La preuve : il pousse à la sur­pro­duc­tion, donc à la sur­con­som­ma­tion qui détruit la pla­nète et notre futur.

C’EST NOUS QUI TRAVAILLONS, C’EST NOUS QUI DÉCIDONS !

Le sys­tème de sécu­ri­té sociale (retraite, chô­mage, mala­die) doit être géré direc­te­ment par les travailleurs∙euses. Le prin­cipe d’autogestion de ces caisses n’est pas négo­ciable : c’est notre argent qui les rem­plit. Dans cette logique, il n’y a pas de pro­gramme clé-en-main pour la ges­tion des retraites dans le cadre d’une socié­té débar­ras­sée du capi­ta­lisme. Mais des prin­cipes
sont essen­tiels : payes égales et donc pen­sion égales, prise en compte de la péni­bi­li­té de cer­taines tâches, abo­li­tion du sala­riat, prise en compte des acti­vi­tés jugées non-pro­duc­tives actuel­le­ment…

POUR LA CNT, UN SYSTÈME DE RETRAITES VIABLE ET JUSTE, SUPPOSE, ENTRE AUTRES DE :
• TRAVAILLER MOINS, MIEUX ET AUTREMENT ;
• PRENDRE LES DÉCISIONS COLLECTIVEMENT, À LA
BASE ;
• PARTAGER ÉGALITAIREMENT LES RICHESSES ;
• ABOLIR LE SALARIAT ET LIMITER L’EXPLOITATION
DES RESSOURCES ;
• EN CLAIR, SORTIR DU CAPITALISME !

GRÈVE RECONDUCTIBLE : POURQUOI ET COMMENT ?

Pour la CNT, la grève recon­duc­tible est une condi­tion néces­saire à la vic­toire. Il ne s’a­git pas d’un simple slo­gan ou d’un « rêve révo­lu­tion­naire » mais bien d’une ana­lyse de la socié­té actuelle : le gou­ver­ne­ment et le patro­nat ne céde­ront pas sans un véri­table rap­port de forces. Et la seule force des tra­vailleuses et tra­vailleurs, c’est leur capa­ci­té à blo­quer la pro­duc­tion et, par consé­quent, les pro­fits, ce qui ne se fait pas avec des jour­nées de grèves ou des mani­fes­ta­tions éparses.
La grève recon­duc­tible ne doit pas signi­fier une prise de contrôle par une avant-garde poli­tique mais, au contraire, la prise en main par les salarié·es, avec l’ou­til syn­di­cal, de leur ave­nir et de la défense de leurs droits en favo­ri­sant l’au­to­ges­tion de
la lutte, en assem­blées géné­rales.
La grève est un droit gagné par les luttes syn­di­cales, elle est l’arme des tra­vailleuses et des tra­vailleurs contre l’État et le patro­nat qui mul­ti­plient contre-réformes, attaques des acquis sociaux et plans de licen­cie­ments au nom de la conser­va­tion de
leurs pro­fits. C’est cela qui est dan­ge­reux et anti­dé­mo­cra­tique. N’ayons pas peur, ne cédons pas au chan­tage intel­lec­tuel : construi­sons ensemble la grève géné­rale recon­duc­tible !