VISA 35 dénonce la criminalisation de l’antifascisme

VISA 35 dénonce la criminalisation de l’antifascisme et la banalisation des violences de l’extrême droite

Depuis les affron­te­ments sur­ve­nus à Lyon, avec la mort d’un jeune néo-fas­ciste, une véri­table cam­pagne média­ti­co-poli­tique s’est déployée pour cri­mi­na­li­ser l’antifascisme.

La mort d’un jeune homme est tou­jours à déplo­rer, elle inter­vient dans un contexte de vio­lences poli­tiques qui durent à Lyon depuis plus de 15 ans. En effet depuis le début des années 2010, la vie poli­tique, syn­di­cale et sociale lyon­naise est mar­quée par de nom­breuses agres­sions et vio­lences de l’extrême-droite contre des lieux, des évè­ne­ments ou des per­sonnes en rai­son de leur appar­te­nance syn­di­cale, poli­tique, à la com­mu­nau­té LGBTQIA+ ou sim­ple­ment parce qu’elles sont raci­sées. Nos orga­ni­sa­tions ont à de mul­tiples reprises dénon­cé ces vio­lences d’extrême-droite, dans un silence média­tique assour­dis­sant et sans qu’une véri­table action de l’État per­met éel­le­ment de mettre fin à ces vio­lences. Au niveau natio­nal, il y a eu en 4 ans pas moins de 11 décès et une ving­taine de bles­sés par balles ou armes blanches lors d’agressions menées par des mili­tants fas­cistes ou racistes.

Au niveau local, les agres­sions et menaces en pro­ve­nance de l’extrême droite se sont mul­ti­pliées éga­le­ment ces der­nières années dans notre région et notre dépar­te­ment : des jeunes étu­diant-es agres­sé-es et bles­sé-es sur le cam­pus de Rennes, menaces de mort contre les maires de Callac et Saint-Brévin, menaces de mort contre les jour­na­listes du Poher, agres­sions de 4 syn­di­ca­listes à Lorient avec une arme. Sans comp­ter les dégra­da­tions régu­lières de locaux syn­di­caux, asso­cia­tifs et centres LBGT.

Nous entrons dans une période de grande tur­bu­lence poli­tique et sociale dont l’extrême droite, sans sur­prise, cherche à tirer pro­fit et face à laquelle nous devrons gar­der la tête froide et les idées claires. Les pres­sions et inter­fé­rences poli­tiques ne doivent se sub­sti­tuer au tra­vail de la jus­tice. Sur le ter­rain, c’est par notre action col­lec­tive, orga­ni­sée, de classe, de masse et déter­mi­née que nous gagne­rons.

Le syn­di­ca­lisme anti­fas­ciste ne glo­ri­fie pas la mort : il l’abhorre. Il l’abhorre pour la rai­son simple que nous lut­tons pré­ci­sé­ment pour une vie libre, affran­chie de l’exploitation et de toute forme de domi­na­tion.

L’extrême droite, le plus grand et plus ter­rible enne­mi de notre classe, n’a au contraire que faire de la vie. Ses militant·es ins­tru­men­ta­lisent la mort pour ser­vir leur ignoble pro­jet raciste, natio­na­liste, sexiste, xéno­phobe et bien sûr, anti­so­cial.

Dans une totale inver­sion des valeurs, cette ins­tru­men­ta­li­sa­tion glo­ri­fie les ner­vis fas­cistes et cri­mi­na­lise l’antifascisme. 

La bana­li­sa­tion de l’extrême droite connaît donc une nou­velle accé­lé­ra­tion. Il est désor­mais clair qu’une frange de plus en plus impor­tante de l’élite patro­nale, média­tique, et poli­tique a déci­dé de pac­ti­ser avec l’extrême droite. Les avocat·es du Capital, dont le pre­mier d’entre eux Emmanuel Macron, ne font pas­ser leurs régres­sions sociales qu’à l’aide d’autoritarisme et de pas­sage en force ins­ti­tu­tion­nel qui pié­tinent l’esprit de notre démo­cra­tie. Les résis­tances ouvrières, sociales et popu­laires, bien que trop sou­vent éparses, arrivent tout de même à frei­ner ces régres­sions néo­li­bé­rales. Cela est mani­fes­te­ment trop pour un capi­tal aux abois prêt à l’ultime com­pro­mis­sion pour main­te­nir son sys­tème, ses pré­ro­ga­tives, ses pri­vi­lèges et ses pro­fits !

Il s’agit ain­si de faire por­ter la res­pon­sa­bi­li­té de la vio­lence aux franges les plus com­ba­tives de la gauche poli­tique et sociale, dans un inver­se­ment de valeurs tota­le­ment gros­sier, mais qui béné­fi­cie de la puis­sante caisse de réso­nance des médias de mil­liar­daires d’extrême droite et de droite extrême, et de la conni­vence de trop nom­breux médias de masse. Nous refu­sons toute remise en cause des liber­tés publiques et syn­di­cales. Le droit de mani­fes­ter, de s’organiser, de se syn­di­quer, de contes­ter et de cri­ti­quer le pou­voir est au cœur de toute démo­cra­tie réelle. Criminaliser l’antifascisme ou assi­mi­ler les mobi­li­sa­tions sociales à des menaces pour l’ordre public consti­tue une atteinte grave à ces liber­tés fon­da­men­tales.

La France insou­mise et ses militant·es se voient odieu­se­ment jeter en pâture et sont au centre de cette cri­mi­na­li­sa­tion. Mais ne nous y trom­pons pas, toute la gauche sociale, poli­tique, asso­cia­tive, le syn­di­ca­lisme dans son ensemble seront balayés si nous ne fai­sons pas front com­mun.

D’ores et déjà à Rennes, des militant·es poli­tiques et/​ou syndicaux·ales sont menacé·es nomi­na­ti­ve­ment par des tags, leur tête mis à prix sur les réseaux sociaux. L’« influen­ceur » d’extrême-droite Le Jarl fait des vidéos en met­tant une cible dans le dos à un mili­tant. Au niveau natio­nal, des dizaines de per­ma­nences d’élu·es, de locaux poli­tiques ou syn­di­caux sont dégra­dés, des bars répu­tés de gauche sont atta­qués, des client·es blessé·es. L’extrême- droite la plus radi­cale parade dans les rues et veut conti­nuer à le faire dans les pro­chaines semaines. Nous appor­tons à toutes les orga­ni­sa­tions, et militant·es qui subissent cette vio­lence un sou­tien sans faille !

Les forces du mou­ve­ment social, syn­di­cal, asso­cia­tif et poli­tique doivent faire front com­mun. C’est dans le ras­sem­ble­ment, dans la soli­da­ri­té active, que nous pour­rons faire obs­tacle à la bana­li­sa­tion de l’extrême droite.

Nous ne nous rési­gne­rons jamais à l’avènement du fas­cisme ! Nous conti­nue­rons à reven­di­quer nos enga­ge­ments anti­fas­cistes. L’antifascisme c’est l’auto-défense, poli­tique, sociale, syn­di­cale, contre la bête immonde ! L’antifascisme c’est défendre nos conquêtes, nos liber­tés, nos vies !

Aujourd’hui plus que jamais, et tant qu’il le faudra,
nous sommes toutes et tous antifascistes !